Comment devenir 1ère Série?

livre burtin   Devenez 1ère série ! Améliorez votre mental au bridge

  « Tout en démythifiant la barrière de la 1ère série, l’auteur mène, dans cet ouvrage une analyse nouvelle et approfondie du bridge et de ce qui le       distingue des autres jeux. Il démonte les ressorts de la performance pour proposer une méthode simple et efficace, permettant de progresser et d’améliorer ses résultats à la table. C’est la première fois que le partenariat au bridge est traité sous un angle purement psychologique. L’ouvrage aborde, avec force et conviction, la question de l’amélioration du  » mental  » et la gestion du partenariat. Grâce à ce livre, vous développerez aisément un mental gagnant qui vous permet de franchir le cap de la 1ère série… et de jouer avec une confiance nouvelle qui vous mènera aux marches des podiums. »

  Livre de Patrick Burtin  chez Prat Editions (2003).

Patrick Burtin, lère série depuis de nombreuses années, a notamment été Champion de France Junior en 1995.

 

 

Résumé du livre de Patrick Burtin  chez Prat Editions (2003)
Fait le 31/5/2004 par Charles COLONNA (Site du club de Vannes)

A – Comment fonctionne la performance au bridge

Découpage des séquences de jeu :

Sur 100 minutes passées à jouer, un joueur consacre en moyenne :

  • 40 minutes à enchérir.
  • 30 minutes en flanc.
  • 15 minutes à jouer avec le mort.
  • 15 minutes à être le mort.

Le mental : 3 grandes familles

  • Ce qui relève de la motivation et la confiance en soi.
  • Ce qui relève de la concentration et la combativité.
  • Ce qui relève du partenariat entre les deux joueurs.

La performance au bridge est une combinaison de 2 composantes principales qui sont :

  • Les techniques de jeu ( enchères, flanc, jeu avec le mort).
  • Le « savoir jouer » qui est la faculté de tirer un profit maximal de l’application de ses connaissances techniques en situation de compétition en développant une attitude mentale et comportementale adéquate.

Le bridge est un jeu d’équipe

  • 70% des phases de jeu se déroulent en coopération avec le partenaire.
  • Dans 70% des situations, on ne sera pas seul maître à bord.
  • Le rendement d’une paire ne peut être attribué à un seul des 2 joueurs. C’est l’association des 2 joueurs qui explique le résultat atteint.
  • Être un bon joueur et bien jouer en face d’un partenaire sont 2 choses bien distinctes.
  • Faire bien jouer son partenaire est aussi important que de bien jouer soi-même.
  • La solidarité est indispensable pour former une bonne paire.
  • Le partenaire et les coéquipiers méritent autant de considération que soi-même.
  • La confiance envers le partenaire et les coéquipiers est indispensable pour que l’équipe et la paire jouent sereinement.

Le bridge est un jeu d’erreurs

L’essence même du jeu est d’éviter les erreurs, de se rapprocher du « par ».
On ne gagne pas un match, on évite de le perdre.
La difficulté du jeu se décompose en moyenne de la sorte :

  • 50% de coups (enchères et/ou jeu de la carte) faciles.
  • 30% de coups d’une difficulté moyenne.
  • 15% de coups difficiles.
  • 5% de coups très difficiles.

Les forts joueurs réalisent peu de coups que les joueurs moyens ne savent pas faire.
En revanche, ils ne font pas les fautes que le joueur moyen commet couramment.
Conseils :

  • Acceptez que l’erreur fasse partie du jeu.
  • Poussez les adversaires à faire des fautes en minimisant les risques de dérapage pour votre camp est une stratégie gagnante.
  • Accordez à votre partenaire (et à vos coéquipiers) le droit à l’erreur, et rappelez-vous que même les champions en font.

Le bridge est aussi un jeu de chance

La chance au bridge peut être définie comme le fait d’avoir ou non un hasard favorable compte tenu des décisions que l’on a prises.
La chance est un élément moteur dans la dynamique du succès : la chance fait bien jouer, le sentiment d’être malchanceux fait perdre.
Après chaque tournoi,  reprenez les donnes jouées et essayez de les classer en 4 catégories :

  • Les coups chanceux.
  • Les coups malchanceux.
  • Les fautes.
  • Les coups bien joués (ou coups normaux).

Pratiquer régulièrement cet exercice permet plusieurs choses :

  • Relativiser le sentiment de malchance.
  • Être davantage conscients des tournois où l’on est réellement chanceux ou malchanceux.
  • Mieux évaluer son score ou résultat probable en sortant d’un tournoi ou d’un match.

Le hasard est là pour nous rappeler à l’humilité qu’impose le bridge. Il faut avoir le courage de penser que l’on est aussi chanceux que les autres joueurs.
« Après mon partenaire, la chance est ma meilleure alliée ».

Le moteur de la performance au bridge

Pour progresser jusqu’au niveau 2° série, il faut travailler prioritairement sa technique.
Pour devenir 1° série, il faut faire progresser son mental au mieux de ses connaissances techniques.

B – Constituer et gérer une paire.

Respecter le système et la stratégie :

Lorsqu’un joueur a fait des efforts pour respecter le pacte et que le partenaire le rompt, il n’a plus lui-même aucune raison de le respecter.
Respecter  sa stratégie est à long terme, plus important que de prendre un bon coup sur une donne.

Savoir construire une paire et progresser à deux

Éléments fondamentaux :

  • La même philosophie générale et la même compréhension du jeu.
  • Le respect de l’autre et de ses erreurs passées et à venir.
  • Une envie de jouer ensemble et surtout de réussir ensemble.

Se fixer des objectifs de progression (« SMAC » Spécifique- Mesurable- Accessible- Cohérent).

Définir et mettre en place un plan de progression.

Commencer par faire un diagnostic des forces et faiblesses de la paire.

  • Quels sont les compartiments du jeu dans lesquels nous sommes le plus à l’aise ?
  • Quels sont les compartiments du jeu où nous avons des faiblesses ?
  • Quelles sont les situations où nous nous sentons en difficulté ?
  • Où nous avons du mal à nous comprendre ?
  • Quelles sont les situations où les adversaires nous gênent systématiquement ?

Se fixer un plan de travail :

  • Fixer les séances de travail.
  • Déterminer le rythme de jeu et la régularité des séances d’entraînement.
  • Discuter après les matchs et les tournois (Penser au petit carnet pour noter ce qui s’est passé à la table). D’abord avec le partenaire, puis avec plusieurs bons joueurs.

Les quatre règles du partenariat efficace.

1.Respecter le partenaire et lui accorder le droit à l’erreur

Est-il concevable d’avoir à affronter, en plus des adversaires, les foudres du partenaire en cas d’erreur ?
Non, cela n’est pas raisonnable.
A deux contre deux le bridge est déjà un jeu difficile, à trois contre un, il devient impossible de bien faire.

2.Ne jamais discuter les mauvais coups à la table

Les joueurs sont à vif. L’un des joueurs est persuadé d’avoir raison.
Le ton monte, l’un des 2 joueurs dit une chose désagréable.
Les adversaires se frottent les mains.

Pour éviter de discuter les mauvais coups à la table : Acter le désaccord, s’excuser, planifier la discussion.

3.Encourager le partenaire

Bien joué, Bonne enchère, Bonne entame, Bon retour …ne sont jamais des mots déplacés.

4.Ne pas faire la politique du résultat

Pour ne pas être mal jugés par leur partenaire, beaucoup de joueurs se réfugient derrière la mauvaise foi. Évitez cette malhonnêteté intellectuelle, assumez vos erreurs.

C- FAIRE PROGRESSER SON MENTAL

Ne pas confondre ce que l’on est et ce que l’on fait

Ne vous identifiez pas à vos performances, restez vous-même, et ne croyez surtout pas que le bridge fait de vous un génie ou imbécile.
N’oubliez jamais que la logique du bridge ne sert à peu près à rien d’autre qu’à jouer au bridge. Il suffit alors de l’appréhender comme telle.

Les valeurs

  • L’audace, la discipline, le travail, la volonté

Celui qui ne renonce jamais finit toujours pas réussir.

La confiance

Soyez généreux dans les actes de confiance que vous effectuez envers votre partenaire.
Gardez à l’esprit que votre partenaire mérite votre confiance autant que vous méritez la sienne.

La concentration et la combativité

Définition : La concentration est une focalisation de l’influx nerveux dans un but déterminé.
C’est en fait une absence de dispersion mentale.
Trois éléments sont à l’origine de la déconcentration des joueurs.

  • L’environnement (décor, personnes, événements extérieurs)
  • Les projections mentales dans le temps (penser au passé, au futur)
  • Les projections mentales dans l’espace (penser à autre chose qu’à ce que l’on est en train de faire)

Six conseils opérationnels pour améliorer son efficacité

  1. Ne jamais manifester
  2. Ne pas se laisser aveugler par un bon match
  3. Croire les adversaires à bon escient.
  4. Ne pas se démobiliser lorsque tout va mal, ne pas se relâcher lorsque tout va bien.
  5. Ne jamais jouer trop vite et toujours envisager une alternative.
  6. Ne jamais tenter de coup de génie.

CONCLUSION

  1. Prendre des décisions et les assumer plutôt que de critiquer les décisions qu’on a laissé prendre à son partenaire.
  2. Se mettre à la place du partenaire et essayer de comprendre les raisons qui ont guidé ses décisions.
  3. Accepter que l’on puisse soi-même se tromper et que le partenaire se trompe : s’excuser lorsqu’on fait des erreurs plutôt que de se chercher des excuses.
  4. Avoir autant de considération pour le partenaire que pour soi-même.
  5. Rester lucide par rapport à la chance : le résultat obtenu ne reflète pas toujours le niveau de jeu produit.
  6. Accepter de prendre une certaine part de risque dans son jeu.
  7. Traiter des problèmes étape par étape en respectant les méthodologies d’analyse et la stratégie de jeu définie.
  8. Refuser la politique du résultat : écouter le point de vue du partenaire plutôt que d’adapter le sien à la situation.
  9. Préférer prendre un mauvais coup plutôt que perdre la confiance de son partenaire.
  10. Jouer dans un esprit sportif et compétitif : être fair-play, confiant, concentré et combatif à la table.